La répression des sociétés de prête-noms à Phuket transmet 196 dossiers aux tribunaux
Les autorités de la province de Phuket ont identifié 6 682 sociétés susceptibles de fonctionner au moyen de montages de prête-noms.
Les autorités de la province de Phuket ont identifié 6 682 sociétés susceptibles de fonctionner au moyen de montages de prête-noms. Selon elles, 196 dossiers seraient étayés par des preuves suffisantes pour engager des poursuites, après le renforcement du contrôle des investissements étrangers dans la province.
Ces chiffres ont été présentés après une visite de terrain effectuée à Phuket le 14 septembre 2026 par la commission parlementaire de la Chambre des représentants chargée du commerce et de la propriété intellectuelle, sous la direction de Samrit Tantanasap. La commission a examiné les entreprises détenues par des étrangers et identifié plusieurs sujets nécessitant une attention urgente : les sociétés utilisant des prête-noms, la propriété et la location de terrains par des étrangers, l’urbanisme ainsi que la gestion de la main-d’œuvre migrante.
Le Bureau provincial du commerce de Phuket a indiqué que plus de 32 000 sociétés étaient enregistrées dans la province, dont plus de 11 000, soit 34,59 %, comptaient des actionnaires étrangers. Les principaux groupes d’investisseurs étrangers venaient de Russie, de Chine, du Royaume-Uni, de France et d’Australie.
The Phuket Express a rapporté que les tribunaux avaient rendu des décisions dans neuf affaires, avec des amendes comprises entre 50 000 et 500 000 bahts. Six autres affaires seraient en cours de jugement, tandis que 191 restaient sous enquête. Ces chiffres ne constituent pas une ventilation unique et sans chevauchement des 196 dossiers, et l’article n’a pas expliqué cette différence.
Cette campagne de répression a coïncidé avec une baisse annoncée de plus de 60 % des immatriculations de sociétés comptant des actionnaires étrangers et une hausse de 30 % des dissolutions d’entreprises. Saranyut Mallam, à la tête de l’Association des entreprises touristiques de Phuket, a soutenu les mesures visant les montages de prête-noms, tout en avertissant que des mesures trop générales pourraient affecter les investisseurs étrangers légitimes.
Mallam a appelé les autorités à examiner la structure de l’actionnariat, les sources de financement, le respect des obligations fiscales et les activités réellement exercées afin de distinguer les montages illégaux des entreprises légitimes. Le secteur privé a également demandé une actualisation des règles d’urbanisme et une meilleure gestion de la main-d’œuvre migrante pour les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et des services à Phuket.
Chalermpong Saengdee, membre de la Chambre des représentants pour Phuket, a transmis des informations sur cinq sociétés soupçonnées d’utiliser des prête-noms et demandé de nouvelles vérifications de leurs liens entre actionnaires, de leurs sources de financement et de leurs modèles économiques.
Malgré cette répression, Phuket continue d’attirer les investissements. Le Conseil de l’investissement (BOI) a approuvé 31 projets d’une valeur de 12,6 milliards de bahts en 2025, les investissements étrangers dépassant 5 milliards de bahts, tandis que les exportations ont progressé de plus de 25 %. En 2026, la province a généré 263 milliards de bahts de recettes touristiques et bénéficié de neuf nouveaux projets approuvés par le BOI.
La commission prévoit de soumettre au gouvernement des recommandations visant à lutter contre les sociétés de prête-noms et la détention illégale de terrains, tout en maintenant les possibilités offertes aux investisseurs étrangers légitimes.