La Thaïlande envisage de durcir les règles de libération conditionnelle pour les auteurs de crimes graves
La Thaïlande envisage de durcir les règles de libération conditionnelle, avec des peines minimales de 25 ans pour les condamnés à mort et de 20 ans pour les condamnés à perpétuité.
La Thaïlande envisage de durcir les règles de libération conditionnelle et de réduction de peine. Les détenus condamnés à mort devraient ainsi passer au moins 25 ans en prison, tandis que ceux condamnés à la perpétuité devraient y rester au moins 20 ans avant de pouvoir être considérés pour un reclassement.
Le Daily News Online a rapporté dimanche, en citant une source haut placée au ministère de la Justice, que ces durées minimales visent à garantir la sécurité publique et à s’assurer que les personnes condamnées pour les crimes les plus graves purgent une longue période d’emprisonnement avant de pouvoir bénéficier d’une réduction de peine ou d’une libération conditionnelle.
Cette proposition intervient après les interrogations suscitées par la libération de l’ancien baron de la drogue Laota Saenlee. Sa peine de prison à perpétuité avait été réduite à la faveur d’une série de grâces royales, avant sa libération après un peu plus de neuf ans de détention, selon un article du Bangkok Post cité par The Phuket News.
Le projet est examiné par un groupe de travail gouvernemental chargé d’étudier l’application des peines pénales et les mesures destinées à prévenir la récidive. Il couvrirait également les affaires de corruption, les dossiers politiques et les affaires liées à la sécurité nationale dans lesquels les tribunaux prononcent des condamnations à mort ou à perpétuité. Les détenus concernés seraient classés dans le groupe présentant le niveau de risque le plus élevé et ne pourraient être considérés pour un reclassement, une réduction de peine ou une libération conditionnelle avant d’avoir accompli la durée minimale proposée.
Les auteurs d’infractions moins graves resteraient soumis aux règles actuelles. Le projet prévoit également des durées minimales pour les infractions graves multiples relevant de l’article 91 du Code pénal : cinq ans pour des peines cumulées allant jusqu’à 10 ans, 10 ans pour des peines cumulées allant jusqu’à 20 ans et 20 ans pour des peines cumulées allant jusqu’à 50 ans.
Lors de sa première réunion, le 21 août, le groupe de travail a examiné les politiques pénitentiaires de plusieurs pays. Les données présentées au groupe montrent qu’en Thaïlande, les auteurs d’infractions graves peuvent devenir éligibles à certains avantages après avoir purgé en moyenne huit à quinze ans, contre environ 20 à 25 ans aux États-Unis, 15 à 30 ans au Royaume-Uni et 15 ans en Allemagne.
Le groupe de travail devait se réunir de nouveau le 24 août avant de soumettre le projet à la commission des services pénitentiaires pour approbation.