Les compagnies aériennes alertent : la taxe de départ thaïlandaise de 1 000 bahts pourrait coûter jusqu’à 150 milliards au tourisme
La Thaïlande pourrait perdre entre 50 et 150 milliards de bahts de recettes touristiques annuelles si elle instaure une taxe de départ aérien de 1 000 bahts, selon des estimations citées par l’Association des agents de voyage thaïlandais ATTA.
La Thaïlande pourrait perdre entre 50 et 150 milliards de bahts de recettes touristiques annuelles si elle instaure une taxe de départ aérien de 1 000 bahts, selon des estimations citées par l’Association des agents de voyage thaïlandais (ATTA).
Adith Chairattananon, secrétaire général honoraire de l’ATTA, a déclaré que les pertes potentielles dépasseraient les 45,9 milliards de bahts que ce prélèvement devrait rapporter. L’estimation basse suppose qu’au moins 1 million de voyageurs décideraient de ne pas visiter la Thaïlande en raison de ce coût supplémentaire.
Adith a indiqué que cette estimation reposait en partie sur une étude publiée en 2023 dans le Journal of Travel Research, selon laquelle la demande touristique baisse d’environ 5,4 % pour chaque hausse de 10 % des taxes liées au tourisme. Il a ajouté que les pertes potentielles liées aux trois principaux marchés émetteurs de la Thaïlande — la Chine, l’Inde et la Malaisie — pourraient se traduire par 891 000 arrivées en moins dans le scénario d’une baisse de 10 %, ou par 446 000 arrivées en moins dans celui d’une baisse de 5 %.
La taxe proposée s’appliquerait initialement aux voyageurs de toutes nationalités quittant la Thaïlande par voie aérienne. Son taux de départ serait fixé à 1 000 bahts, avec un plafond légal de 5 000 bahts, tandis que les départs par voie terrestre et maritime seraient d’abord exemptés. Sur la base d’environ 32,9 millions d’arrivées de visiteurs étrangers et de 13 millions de départs de Thaïlandais vers l’étranger en 2025, le taux de 1 000 bahts devrait rapporter environ 45,9 milliards de bahts.
Adith a également déclaré que les visiteurs étrangers pourraient devoir payer un total de 2 570 bahts de frais, comprenant la redevance actuelle de service aux passagers dans les aéroports, un droit d’entrée proposé de 450 bahts et la taxe de départ. Cette somme représente environ 5,14 % des dépenses touristiques moyennes, estimées à 50 000 bahts par voyage, a-t-il précisé.
L’Association des compagnies aériennes thaïlandaises s’est opposée à la proposition, avertissant que la hausse du coût des voyages pourrait affaiblir la compétitivité du pays face à des destinations comme le Vietnam. Tassapon Bijleveld, président exécutif d’Asia Aviation, qui exploite Thai AirAsia, a déclaré que si le gouvernement avait besoin de recettes supplémentaires, il serait préférable d’augmenter la taxe sur la valeur ajoutée plutôt que d’imposer une charge supplémentaire au secteur touristique.
Le projet reste soumis à consultation jusqu’au 29 octobre 2026 et n’a pas encore été adopté. L’Association des hôtels thaïlandais et l’ATTA ont officiellement fait part de leur opposition, le groupement des agents de voyage appelant à reporter le texte sine die dans l’attente d’une évaluation de son impact économique.
Les responsables du ministère des Finances ont défendu la proposition, affirmant qu’elle viserait les personnes ayant les moyens de voyager à l’étranger et pourrait contribuer à réduire la pression budgétaire tout en soutenant la reprise du tourisme. Les organisations professionnelles estiment que l’évaluation devrait prendre en compte les effets potentiels sur les arrivées, l’emploi et les autres recettes fiscales. Adith a également averti qu’une baisse de la demande pourrait affecter l’emploi dans l’hôtellerie et le tourisme, alors que le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 2,1 % pour l’économie thaïlandaise.